Tribune de janvier 2024

Mieux accueillir les personnes migrantes et sans-abri, au nom de notre commune humanité !

Nous profitons de cette première tribune de l’année pour évoquer un sujet qui nous tient à cœur, sur lequel l’État n’apporte pas de solutions à la hauteur des enjeux ; celui de l’hébergement d’urgence.

Les collectivités, comme Lyon, se retrouvent à pallier les carences de l’État en la matière. Par ailleurs, le sujet est hélas trop souvent détourné lors de Conseils municipaux par une partie de notre opposition. Il est clair que le constat ne peut que faire réagir ;  le nombre de personnes qui dorment dehors continue d’augmenter ; parmi elles, de plus en plus de familles et d’enfants, comme c’est le cas partout en France. Vous qui lisez ces lignes, vous partagez notre ressenti : cette situation est insupportable. Face à cette crise, la Ville de Lyon, depuis le début du mandat, s’engage comme elle ne l’a jamais fait et au-delà de ses compétences. La Ville recense et utilise des biens vacants municipaux : anciens logements de fonction des instituteurs, institutrices, ancien commissariat adossé à la mairie du 7e arrondissement…

Cette situation est, hélas, partagée par d’autres grandes villes de France. C’est pour cette raison que le Maire de Lyon ainsi que celles et ceux de Paris, Strasbourg, Grenoble, Bordeaux et Rennes ont récemment saisi la Justice pour mettre l’État face à ses responsabilités.

Autre sujet d’actualité : à Lyon, nous agissons avec un nouveau prisme sur le sujet de l’accueil, bien loin de l’état d’esprit du projet de loi immigration.

Notre volonté : garantir la dignité et les droits des personnes accueillies et faire de Lyon une ville plus solidaire et plus accueillante. Un travail mené avec détermination par l’Adjointe écologiste Sylvie Tomic et qui a donné lieu au Plan Lyon Ville hospitalière voté en mars dernier par le Conseil municipal. Un plan fort de 50 mesures qui reflète l’engagement de la municipalité. Certaines sont déjà mises en place, d’autres sont à poursuivre et d’autres encore sont nouvelles.

Concrètement, nous améliorons progressivement l’accès aux soins, à la formation, à l’alimentation et à l’hygiène, mais également à nos services publics municipaux. Dans plusieurs de ses installations, la Ville pratique l’accueil inconditionnel sans tenir compte du statut administratif des personnes. L’accès à l’hygiène pour les personnes les plus démunies a été élargi à Lyon grâce à la création d’un service de laverie sociale au sein des Bains-douches du 7e. Le restaurant social « La Tablée des Gones » propose de son côté des repas gratuits, chauds et équilibrés.

L’un des autres grands objectifs de notre politique d’hospitalité est aussi de faire vivre une culture de l’hospitalité sur le territoire lyonnais, dans la continuité de la riche histoire de l’immigration de notre ville, comme ce fut le cas avec la biennale de l’hospitalité organisée début novembre à laquelle de nombreuses associations ont participé.

Des personnes autour d'une personne sans domicile fixe

Il y a aussi les parrainages républicains, dorénavant généralisés dans toutes les mairies d’arrondissement. Lyon a également adhéré à l’Association nationale des villes et territoires accueillants (Anvita) et rejoint ICORN, le réseau international des « villes refuges » pour accueillir écrivains, journalistes, défenseurs des droits humains et artistes menacés dans leur pays d’origine.

Parmi les projets à venir, notons la mise en place, à Lyon, d’une Maison de l’Hospitalité. Un lieu dédié et identifié pour l’accueil des primo-arrivants pour mieux les accompagner. La Ville de Lyon s’engage à créer un observatoire des migrations qui permettra de mieux saisir les réalités migratoires de notre territoire, et ainsi apporter les solutions les plus appropriées aux personnes en situation de migration.

Cette solidarité qui nous est si chère, nous la pensons sur notre territoire mais aussi tournée vers l’international. Un récent exemple étant le soutien, au Conseil municipal de novembre dernier, de 50 000 euros, à la Croix-Rouge pour son action auprès de la population de Gaza.

À ce même Conseil, nous avons voté un nouveau soutien financier de 12 000€ à SOS Méditerranée.
Pour cette dernière, et comme cela avait déjà été le cas, nous déplorons que nos opposants aient voté contre ou se soient abstenus, s’appuyant notamment sur la – très répandue – fausse idée selon laquelle soutenir les actions du bateau de l’association, l’Ocean Viking, reviendrait à favoriser les réseaux de passeurs. Un rappel : SOS Méditerranée sauve des milliers de personnes en mer pour qu’elles ne se noient pas. C’est aussi simple que ça : défendre l’humain et notre humanité.

Lyon est une ville résolument humaniste. Lyon est une ville qui rejettera toujours la haine de l’autre et s’emploiera toujours à l’accueil et à l’hospitalité de tous et toutes. C’est dans son ADN, et nous, Écologistes, continuerons à y travailler.